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Bonjour à tous, durant ces 2 dernières semaines de vacances j’ai eu l’occasion de parler (un peu) politique et impôts avec mon entourage, on ne se refait pas, et notamment de la TVA. En effet, au sein de Poli*Geek comme ailleurs, j’ai eu l’occasion d’entendre que la TVA était un impôt injuste et qu’il fallait l’abolir. De fait je me suis mis à réfléchir dessus et quelle ne sera pas votre surprise d’apprendre que je pense au contraire que cet impôt est un très bon impôt et comme dira un de mes amis les plus proches « le meilleur produit d’exportation français » (l’historique de cet impôt est ici) !
Passons rapidement sur l’importance de cette taxe pour les états. En France, la TVA à rapporté 126,5 milliards € sur les 270,4 milliards € de recettes fiscales pour l’année 2010 soit presque 47% des recettes totales (voir ici). Pour tous ceux qui militent pour son abolition, merci de nous proposer une alternative juste qui pourra subvenir à la moitié des recettes année après année de la France…
Ensuite, définissons la raison de cet impôt indirect. Comme son nom l’indique, la Taxe sur la Valeur Ajoutée prélève un certain pourcentage sur la valeur créée par l’entreprise / l’individu. Mais pourquoi me direz-vous ? De quoi se mêle l’état ? Ce n’est pas lui qui a créé la valeur ajoutée du bien ou du service mais un individu, au plus une personne morale ! Oui mais voilà, cette personne (physique ou morale) n’aurait jamais pu créer cette valeur ajoutée sans les infrastructures mises à disposition et entretenues par l’état. Il est de fait normal que si nos institutions publiques participent, même indirectement à la création d’un bien, que celles-ci soient financées afin de pouvoir continuer à garantir ce service. De fait quand vous payez un objet 119,6€ (prenons un cas simple), vous payez la société créatrice de ce bien 100€ et l’état, qui se retrouve co-créateur pour le coup, à hauteur de 19,6€. Jusque là cela semble plutôt logique non ?
Si on traite maintenant le problème sous la notion d’impôt et non de « prix » d’un prestataire un peu spécial, on est en mesure de se demander si la TVA est juste ou non. Mais qu’est ce qu’un impôt « juste » ? Pour essayer d’y répondre je me baserais sur la notion d’égalité fiscale, qui est décrite bien mieux que je ne pourrais le faire ici. Plus précisément, afin de garantir la justesse d’un impôt, l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme établit que la « contribution commune (…) doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». Je ne décrirais pas le fonctionnement précis de la TVA (vous pouvez le consulter sur le premier lien de cet article) mais son principe me semble coller exactement à cet article.
En effet, comment mesurer efficacement et le plus justement possible la faculté de contribution de chaque citoyen sinon à travers le pouvoir d’achat ? Selon moi cette capacité de dépense est la forme la plus « pure » de contribution des individus car correspond « réellement » à ce que l’individu peut investir dans la « machine économique » : les pauvres consomment peu donc payent peu la TVA et les riches consomment beaucoup et donc payent beaucoup la TVA (en valeur). Bon après je sais que mon avis n’est peut être pas le plus représentatif donc essayons de voir quelques objections « classiques » :
Pour toutes ces raisons, la TVA ne me semble pas seulement importante mais aussi juste que possible. Pour autant, si quelqu’un peut proposer une alternative juste à la TVA, je serais ravi d’en discuter, sans parler du fait que le prix Nobel d’économie sera à mon avis à la clé !
8/02/2012
17h12
Moi je dis "oui" à la TVA car au moins c’est un immpot prélevé à la source et non en décalé.
Tous les impots devraient être prélevés de la sorte.
keny
16/07/2011
19h32
Bonsoir j’envoie un message qui certes a prêt d’un ans de retard mais la question est toujours d’actualité.
Je n’est pas les connaissances suffisantes pour jugé vos propos mais j’aimerais aux moins vous faire connaître un livres qui parle de la fiscalité française comme je n’en est jamais lu.
http://www.revolution-fiscale.fr/
Le livre est gratuit pour toute personne voulant le lire en format numérique.
Sinon vous le trouverez en librairie à 12.50€.
PS : J’espère que vous aurez reçus mon message.
Edouard
5/10/2010
10h07
Je suis d’accord que l’impôt ne touche que la consommation de biens et de services et ne s’étend pas (directement en tout cas) aux produits d’épargnes.
Cependant la TVA s’opère quand même lors de transactions financières et cette somme se retrouve sous la rubrique de "frais de transactions" qui comprennent également les frais de courtage ainsi que les impôts de bourse (par exemple).
En outre, les placements et autres épargnes sont assujetties à des impôts spécifiques (fiscalité des actions, des obligations, prélèvements forfaitaires libératoires...), les riches étant donc touchés sur l’épargne.
Par ailleurs, les riches sont déjà prélevés sur l’impôt sur le revenu, ce qui ne concerne pas les pauvres (deuxième taxe sur le pouvoir d’achat si l’on peut dire). Pour information, sur un nombre total d’environ 35 millions de foyers fiscaux, 48 % ne sont pas imposables au titre de l’imposition des revenus de 2005, tandis que les 10 % des foyers les plus aisés paient 72 % de l’impôt sur le revenu pour 36 % des revenus déclarés. Pour autant, le débat n’est pas ici de savoir si les riches payent assez d’impôts ou pas, juste de souligner que d’autres mécanismes se mettent en place au delà d’un certain seuil de richesse.
Sinon je suis vraiment d’accord avec toi, je ne vois pas d’alternative possible à la TVA en terme de création de recettes pour l’état avec une discrimination aussi faible.
T3kr0m
5/10/2010
09h46
Pas mal comme article.
Toutefois, je mets un petit bémol à ce que tu dis.
La TVA n’est pas forcément juste en terme de consommation car les riches peuvent se permettre d’épargner là où les pauvres ne peuvent que consommer.
Le modèle de société française actuelle ( modèle économique ) fait que la différence entre les riches et les pauvres se situe du côté de la propension à épargner et non à consommer ( cf crédit à la consommation ).
Donc si l’on en reste à cela la TVA est un impôt qui touchera faiblement les riches ( en proportion de leur consommation ) car une grande partie de leur rente sera passée en épargne + produit n’ayant pas partie à taxe ( produits fiscaux, investissement à l’étranger, etc ... ).
Pour revenir à ce que tu disais, il n’existe pas de réelle alternative à la TVA à l’heure actuelle car il faudrait faire intervenir des technologies pour pallier à une différenciation poussée qui n’existe pas actuellement et surtout qui ne pourrait être fiable.
pauline
19/02/2012
17h06
Le probleme c’est que c’est encore les mêmes qui vont payer pour les autres et c’est injuste car inégale, ca reste toujours le même processus et seule une solution équitable est nécessaire.