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Tout parti politique, que l’on soit dans une véritable démocratie multipartite, un système bipartisan, ou même une bonne grosse dictature à l’ancienne, est composé de ce que l’on appelle des « courants ». C’est souhaitable, et inévitable. Souhaitable car les différentes idées qui en émanent permettent à un parti donné de ne pas rester figé et ainsi de ne pas mourir idéologiquement et politiquement. Inévitable, car un parti est composé de personnes, qui ne peuvent pas tous penser exactement la même chose.
Tout cela est très bien, sauf quand de prétendus courants ne sont en fait que l’outil de conquête du pouvoir d’individualités. C’est ainsi que dans notre pays, le Parti Socialiste est ravagé depuis environ 10 ans par de personnalités qui, prêtes à tout pour que le spotlight soit braqué sur eux, ne reculent devant aucune contradiction, aucune incompatibilité avec ce qui est communément admis d’appeler les « valeurs de gauche », pour se démarquer et tenter de prendre la barre d’un parti qui a été longtemps à la dérive.
Je ne vous ferai d’inventaire, je vais simplement me concentrer sur le pire d’entre eux : Manuel Valls. Connu pour être le maire d’Evry et pour ses looks approximatifs, il représente à mon sens l’une des principales raisons pour lesquelles beaucoup de gens ne voient plus la différence entre la gauche et la droite. Pas besoin de rentrer dans les détails : Valls se distingue dans pratiquement toutes ses interventions par les affinités qui semblent être les siennes avec la politique de ceux qui sont sensés être ses adversaires. Laïcité, séparation de l’Eglise et de l’Etat, immigration, aides sociales, libéralisme économique, et tout dernièrement âge de la retraite, il n’y a à peu près rien qui puise permettre de classer cet individu à gauche.
On peut cependant lui reconnaître une forme d’honnêteté : ses modèles politiques sont, et il ne s’en est jamais caché, Tony Blair et Bill Clinton. Tout ce que m’évoque le souvenir des ces deux chefs d’Etat, en tant que mec de gauche d’Europe de l’Ouest, c’est en substance : « Ce n’est pas parce que ce n’est pas de l’extrême-droite que c’est de la gauche. » Il existe un fossé entre la notion de gauche entre ces pays-là et ceux de la vieille Europe (je sais, la Grande-Bretagne fait techniquement partie de l’Europe, m’enfin…). Dans la région du Monde qui est la nôtre, un homme se réclamant de Blair ou de Clinton a plus certainement sa place dans l’aile gauche d’un parti de droite.
Mais Manu ne l’a pas entendu de cette oreille. Il est membre du PS, c’est comme ça. Et les médias semblent l’aimer. Combien de fois l’ai-je vu en interview sur nos chaînes d’information ces dernières années, en train de tranquillement dégommer les idées péniblement élucubrées par la direction d’un PS tentant de raccrocher le peuple de gauche, alors même qu’il s’exprime en son nom ? A propos de « nom », je rappelle qu’il s’est plusieurs fois prononcé pour l’abandon de l’appellation « Parti Socialiste », sans jamais expliciter comment lui souhaiterait le renommer. Si je peux me permettre d’avancer une théorie, je pense que « UMP » est en haut de sa liste. Ce qui s’est passé ces derniers jours est particulièrement symptomatique et révélateur ; alors que l’ensemble des Socialistes semblaient, pour la première fois depuis longtemps, s’exprimer de quasiment une seule voix pour dénoncer la réforme des retraites, notre « sympathique trublion » a mis un bon coup de tatane dans toute cette jolie cohésion, en avançant qu’un recul de l’âge de la retraite était « inévitable » et qu’en dire autrement serait « mentir ». On croit rêver.
Cependant, Manuel Valls pourrait à mon avis potentiellement être une bénédiction pour le PS : rappelez-vous de la lettre ouverte qu’Aubry lui a adressée en juillet de l’année dernière (« Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste »). Martine, en tant que sympathisant PS, je te le demande solennellement : rend un grand service à la gauche française, et exclut cette sinistre taupe de droite de ton parti. Tu poursuivras ainsi de la plus belle des manières le redressement qui semble s’opérer en son sein depuis que tu en as pris la direction, et la porte de 2012 s’entrouvrira un peu plus.
Lemeb
2/11/2010
13h26
C’est quasi extrême comme billet ^^
Honnêtement, je pense que Valls reste quand même un socialiste, mais plutôt dans l’aile droite du parti (Royal, DSK, etc.). Dans tous les cas, et comme pas mal de politiques, il reste assez opportuniste et enfonce des portes ouvertes. Mais bon, que veux-tu...
CaptainLiban
4/11/2010
16h42
Hihi... Je doute que Valls soit quand même un socialiste... Car si c’était le cas, pourquoi souhaite-t-il si ardemment un changement de nom ?
A moins que tu as voulu dire "de gauche"... Mais là aussi, j’en doute !
Royal ne représente à mon avis rien. J’en réfère à ce qu’en dit Pierre Bourdieu. DSK... A quand même un petit passif social.
Valls s’est simplement trompé de porte. C’était celle de droite, et il a pris la gauche.